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Les agacements de la vie quotidienne en fauteuil roulant

Lorsque l’on est en situation de handicap, notamment utilisateur de fauteuil roulant, être autonome à l’extérieur est compliqué. Dans cet article, je vais parler des petits agacements du quotidien qui sont malheureusement assez redondants. Le but est de montrer certaines facettes du handicap dans la vie de tous les jours.

Revenez souvent car la liste peut s’allonger !

Prendre le bus

Dans le monde du handicap, les mobilités sont le PIRE. Prendre le bus n’est pas si simple. Dans certaines villes, comme Bordeaux, j’ai trouvé ça très bien fait et facile ! Mais chez moi, ce n’est pas le cas… Les lignes de bus ne desservent pas toute la ville et certains arrêts ne sont pas adaptés aux personnes en fauteuil roulant.

Lorsque je veux prendre le bus, je dois me mettre en évidence, afin que le chauffeur se gare au plus près de l’arrêt. Ensuite, il fait sortir une rampe d’accès. Une fois montée dans le bus, je passe mon ticket (ou je demande au chauffeur pour en acheter un), puis je me positionne à ma « place » adaptée, dans le bon sens. Une fois que tout cela est fait, le chauffeur démarre et c’est parti.

Cependant, cette situation idéale ne m’est arrivé qu’une fois, un dimanche dans l’un des deux trajets possibles de la journée…

Ce qu’il se passe en vrai :

1ère partie du scénario en fauteuil électrique : Le chauffeur ne me voit pas et se gare un peu loin. La rampe ne sort pas. Il y a énormément de monde qui me bouscule en sortant = Je ne prends pas le bus.

1ère partie du scénario en fauteuil manuel et accompagné : Le chauffeur ne me voit pas et se gare un peu loin. La rampe ne sort pas. Il y a énormément de monde qui me bouscule en sortant. Heureusement, je ne suis pas seule. Mon accompagnateur me fait monter la marche pour rentrer en demandant aux gens de se pousser.

2ème partie du scénario en fauteuil électrique ou manuel : Avec un peu de chance, la rampe sort ! Ensuite, je n’ai pas la place de m’installer dans mon espace dédié. Je n’ai pas le temps d’aller au chauffeur pour acheter un ticket, car il a déjà démarré ! Je m’accroche à la seule poignée présente à coté de moi pour éviter de tomber, englouti au milieu des gens qui me regardent.

Conseils : Acheter son ticket en avance et s’imposer tant bien que mal. Prendre le bus lorsqu’il n’y a pas beaucoup de monde et anticiper les arrêts.

Faire les courses : les caddies et les sacs

Il n’est pas non plus très évident de faire les courses. Il existe des caddies adaptés aux personnes en fauteuil roulant, mais j’en ai jamais vu ailleurs qu’à Ikéa. Aussi, les sacs sont assez lourds. Nous sommes donc obligés de faire plusieurs aller-retours ou des petites courses rapides.

Le Drive peut également être une solution mais personnellement ce n’est pas quelque chose que j’affectionne car j’aime voir du monde et prendre le temps de me promener dans les rayons… De plus, encore faut-il pouvoir conduire ou être conduit…

Les comptoirs du poissonnier ou du boucher ou encore les produits en hauteur sont aussi problématiques.

Faire les boutiques : une vraie galère

Faire les boutiques est aussi assez difficile. Beaucoup de vêtements sont en hauteur et en profondeur. Il faut constamment demander de l’aide (ce qui n’est pas très agréable ni pour moi ni pour la personne). Les cabines handicap sont souvent remplies de cartons et servent de dépôt. Il faut donc encore demander de l’aide pour les vider. Aussi, très souvent, des clients entre amis sont plusieurs à l’intérieur de cette cabine et je suis obligé de leur demander de se décaler (et parfois c’est mal pris, ce qui est assez énervant).

Circuler dans une ville

Circuler dans une ville, rien que pour se promener est un vrai casse-tête. Les voiries sont toujours illogiques. De nouveaux passages piétons ne possèdent pas d’abaissements. Je suis donc obligé d’aller sur la route pour traverser. Qui est en tord s’il y a un accident ? J’ai également déjà croisé de petites bouches d’égouts ouvertes (voilà pourquoi je regarde constamment le sol). Les trottoirs sont très souvent étroits, avec plusieurs niveaux différents et épaisseurs différentes, avec en bonus quelques poubelles qui barrent le passage par ci et par là… C’est un vrai plaisir.

Se garer sur les boulevards

Les places handicapées sont peu nombreuses et presque introuvables. Elles sont également très mal faites puisqu’elles ne permettent pas de sortir une rampe (pour les taxis et voiture adaptées) lorsque qu’une autre voiture est garée derrière. C’est aussi frustrant quand la porte passager ouvre sur un trottoir et que je ne peux pas faire mon transfert. A l’inverse, sortir du côté conducteur sur la route alors que j’ai besoin de largeur n’est pas simple non plus.

Le comble, c’est lorsqu’une personne se gare illégalement sur la seule place handicapée présente au plus près de l’endroit où je veux aller et que cette personne ne se rend pas compte qu’elle gêne…

Gérer les ascenseurs en panne

Dans une gare, un immeuble ou ailleurs, les ascenseurs sont un bonheur. Sauf quand ils tombent en panne et qu’on ne peut pas les anticiper.

Petite histoire : Chez moi, un magasin possèdent à peine plus de cinq marches pour y accéder. Heureusement, un ascenseur est là pour les personnes handicapées, âgées et les femmes avec poussette ou enceinte. Cependant, il est difficile pour toutes ces personnes de prendre cet ascenseur lorsqu’il est bondé de personnes valides qui pourraient choisir l’autre alternative. Nous attendons parfois trois descentes avant de pouvoir le prendre. Pas besoin d’ajouter que ce vécu arrive plusieurs fois dans une journée…

Être divisé de son cercle social : les tables hautes et les comptoirs trop hauts

Je suis une personne assez sociable et j’aime rencontré de nouvelles personnes. Cependant, lorsque je vais dans un bar, un restaurant ou des événements organisés, je vois ma pire ennemie : la table haute. Et il y en a pleins !

La table basique et les chaises sont un moyen de faire des choses accessibles à tous, mais UNE personne a dévié ce système avec l’invention de la table haute. Je ne sais pas à quoi cela sert de manger en hauteur mais c’est assez apprécié apparemment. La seule solution trouvée lors des événements est de mettre UNE table normale pour permettre à une personne en fauteuil de se placer. Mais le soucis avec cela, c’est que cela n’aide absolument pas à la sociabilisation. En effet, les gens restent très souvent ensemble sur leur table haute. Une personne peut potentiellement venir voir la personne en fauteuil mais se sentira reculer des autres et reviendra au point de départ… Cela crée un sentiment d’exclusion très fort qui peut durer toute une soirée, sauf si un groupe entier vient…

Les comptoirs créent le même mal-être en société. Même pour certains valides, les comptoirs sont hauts. Pourquoi personne ne veut baisser un comptoir sur toute sa longueur ? Pourquoi le faire que sur une partie ?

Ce problème de comptoirs se retrouve beaucoup dans les centres médicaux. Dans beaucoup de cas, il n’existe même pas de partie basse, et les personnes de l’accueil ne nous voient pas ou ne déplacent pas forcément pour échanger des documents avec nous. C’est pourtant dans ces lieux que nous devrions être intégrés en priorité.

Les comptoirs sont aussi souvent trop hauts dans les offices de tourisme, les cinémas et pleins d’autres lieux de loisirs.

Ne pas pouvoir utiliser des WC publics

Il arrive que je ne puisse pas accéder aux WC publics PMR lors de voyages notamment, dans des villages ou des aires de repos. Ils sont parfois en maintenance, fermés, utilisés en priorité ou inexistants.

La liste est encore longue ! Avez-vous d’autres idées ?

One Comment

  • baudouin

    Bonjour,
    Je ne suis pas handicapé mais je comprends votre agacement. J’habite un petit village de 1000 habitants dans l’eure. Mr le maire a refait la place principale, une vrai catastrophe. Une personne en fauteuil ne pas prendre les trottoirs car au niveau du pass

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